Ces quinze dernières années, aux côtés de l'INRAE, du réseau des PNR et du réseau des Chambres d’agriculture, les Conservatoires botaniques nationaux (Massif central, Méditerranéen, Pyrénées et Midi-Pyrénées, Bourgogne-Franche-comté) ont mené de nombreux travaux en faveur de la connaissance et de la préservation des milieux ouverts herbacés (Typologie multifonctionnelle des prairies du Massif central, guides techniques territoriaux à destination de filières sous signe de qualité, Diagnostic DIAM…).
À la suite des impacts importants des derniers aléas climatiques et afin de pouvoir répondre aux questionnements des éleveurs et des partenaires techniques, les CBN, l’INRAE et l’OFB* ont souhaité mettre sur pied un Observatoire des milieux ouverts herbacés du Massif central (OPMC) dans la perspective de comprendre et prédire le rôle et l'évolution de la composition floristique des prairies dans un contexte de dérèglement climatique.
Au-delà des considérations sur la préservation de la biodiversité, de nombreuses publications scientifiques ont montré que la biodiversité joue un rôle important sur la productivité des prairies, et qu'elle était aussi à la base de la résilience des écosystèmes. Confirmer ces résultats scientifiques à l'échelle des exploitations agricoles du Massif central est un enjeu important.
Tandis que les changements climatiques sont amenés à modifier les prairies, leurs bénéfices et les pratiques agricoles, la plupart des agronomes et des botanistes s'accordent sur le besoin de coordonner leurs travaux pour documenter et comprendre ces évolutions sur la base de données de référence. Le Massif central offre par ailleurs un contexte unique pour étudier l'effet des pratiques - du climat - de la biodiversité sur les prairies et leur devenir en raison de sa situation centrale au carrefour d'influences climatiques diverses, de son territoire de moyennes montagnes ou encore de la prédominance des milieux prairiaux sur son territoire.
S'intéressant en premier lieu aux végétations herbacées agropastorales (hormis les prairies temporaires) et aux parcours des zones les plus au sud du Massif central, cet observatoire cherche à répondre aux besoins connaissance ainsi exprimés, autour de 3 axes et plusieurs centaines de placettes de suivi réparties sur le territoire :
Selon les axes de travail auxquelles elles sont associées, ces placettes feront l'objet d'inventaires de la flore, de relevés climatiques, pédologiques et agronomiques. Leur suivi et leur analyse constitueront une formidable occasion pour les éleveurs, les botanistes et les agronomes de comprendre la réelle capacité de résilience des milieux en bon état de conservation écologique.
À travers ces travaux qui pourraient préfigurer la naissance d'un observatoire national des prairies naturelles, les Conservatoires entendent bien participer pleinement aux évolutions en cours, à l'heure même où d'autres solutions moins respectueuses de la biodiversité se font jour face aux changements globaux (réensemencement après labour à l'aide de mélanges de semences non indigènes...) et ce, sans aucune évaluation économique, sociale et environnementale (emplois, paysages, biodiversité, érosion des sols, stockage du carbone, etc.). À terme, il s'agit de proposer et permettre l'application de "solutions basées sur la nature" en lien avec les acteurs socioéconomiques du territoire que sont les agriculteurs, afin de préconiser les adaptations aux futurs changements qui attendent notre société.
L'année 2026 sera consacrée au démarrage du projet et à la recherche des parcelles à suivre.
*L'observatoire des prairies du Massif central est animé par un comité de pilotage associant :
En collaboration avec :